Photos d'ici et d'ailleurs

                Délire

 

Regarde dans la nuit qui s'étiole

Ces nuages en lambeaux qui dérivent

Comme autant de bateaux dont la rive

S'éloigne et décolle et s'envole.

 

Vois la brume les engloutir

Comme un rêve étouffe une âme.

Et s'il est un marin à la rame

C'est que la mer le désire.

 

Sous les gréements qui se brisent

J'entends gémir l'Aquilon

Promenant sa voix sur le pont.

La barre est souple et soumise.

 

Et le silence enfin les déchire,

Je vois des mains qui se tendent

Mais ne recevront d'offrande

Qu'un esprit qui délire.

 

Regarde l'océan les vomir.

Le cordage, porté par les rouleaux,

Les entoure, les emporte bientôt,

A jamais, pour dormir.

 

                                                           Marcel Maison