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                Le feu et l'eau

 

Te souviens-tu encore de ce beau dimanche ?
Tu étais un feu ardent couvant sous la branche,
Je te voyais brûler de l'aube au crépuscule,
Il semblait vraiment que rien ne puisse t'atteindre.

 

Te souviens tu de ces mots que nous échangeâmes ?
Tandis que dans le sous-bois prospérait ta flamme.
Ton lit était braise, ton désir canicule
Il semblait alors que tu n'avais rien à craindre.

 

Te souviens tu la rencontre avec ta première,
Fraiche comme une perle d'eau sur tes paupières, 
Douce comme la caresse du vent matin ?
Il me semblait qu'en ton feu tu voulais l'étreindre.

 

Te souviens tu cette eau devenue ruisselet
Chauffer au creux de tes bras ardents son reflet
Et calmer tendrement tes amours enfantins ?
Il me semblait déjà pourtant vouloir te plaindre

 

Te souviens tu ma crainte de te voir pâlir
Aux tourments du froid, tes doigts lourds s'engourdir ?
Quand tes dernières braises sous le flot reculent 
il me semble ressentir ta chaleur s'éteindre.

 

Te souviens tu hélas de ce dernier dimanche ?
Tu étais un brasier asphixié sous les branches
Tandis qu'enfin l'aube cédait au crépuscule.
Je sais à présent que plus rien ne peut t'atteindre

 

                                                           Marcel Maison