Photos d'ici et d'ailleurs

TMB

 

Lorsque fin juillet 2014 nous prenons le bateau pour relier la métropole après notre aventure sur le GR20, une rengaine siffle à nos oreilles sous la forme d'un mot maintes fois répété : "encore, encore, encore ..."

 

Les semaines suivantes, nos souvenirs corses se mêlent de plus en plus aux prémices d'un projet à dessiner pour 2015.

Et c'est vers les Alpes que nos regards se tournent, plus précisément vers le TMB : le Tour du Mont Blanc !

 

France, Italie, Suisse, France en 9 jours / 10 étapes et, nous l'imaginons, un spectacle aussi grandiose que troublant.

Nous n'allons pas être déçu ! 

 

Nous en reviendrons à la fois subjugués par la beauté des panoramas et impressionnés par la puissance qui se dégage de cette chaine des Alpes. 

Mais nous en reviendrons également inquiets devant le recul manifeste des glaciers. Je connais bien la vallée de Chamonix pour y être venus plusieurs fois depuis mon adolescence et les paysages d'été ont bien changé !

Le scepticisme de certains n'a pas lieu d'être. Les changements climatiques sont hélas trop réels !!!

 

J'espère que nos enfants pourront eux aussi admirer ces paysages exceptionnels sans déplorer le manque d'attention que leurs parents leur auront accordé.

Nos 10 étapes en bleu

Un conseil : se munir du TopoGuide "Tour du Mont-Blanc"

05 juillet

C'est le 5 juillet en fin d'après-midi que nous arrivons aux Houches.

 

Nous avons choisi de passer la nuit au camping Bellevue qui présente le double avantage de se situer près du départ du TMB et de donner un avant-goût des beaux panoramas qui nous attendent.

Nous avons trouvé l'accueil très sympathique. Le camping en lui-même est assez sommaire avec notamment un bloc sanitaire minimaliste mais très propre.

Je recommande donc !

 

En soirée, après avoir monté la tente, nous avons réfléchi à la meilleure option pour lancer notre aventure et, plutôt qu'emprunter la route qui monte jusqu'au col de Voza, nous avons décidé de prendre le téléphérique de Bellevue, non loin du camping, pour rejoindre le col.

 

Une bonne nuit et demain ce sera parti !

06 juillet  -  Des Houches aux Contamines (France)

 

Ce matin du 6 juillet, nous plions la tente de bonne heure afin de prendre le téléphérique dès son ouverture.

 

La montée jusqu'à la Chalette est agréable, il fait beau et nous sommes tout excités à l'idée de débuter notre nouveau trek un an presque jour pour jour après le GR20.

 

A la descente du téléphérique, et après une assez courte marche, nous atteignons le col de Voza et déjà nous sommes séduits par la beauté des paysages.

Nous décidons de prendre la variante, que nous recommandons fortement, vers le col de Tricot qui nous fera passer à proximité du glacier de Bionnassay et emprunter une passerelle pour traverser le torrent du même nom. La vue est incroyable !

Le reste de la journée sera à l'avenant avec, cerise sur le gâteau, un arrêt déjeuner aux chalets de Miage particulièrement apprécié.

 

Nous atteignons les Contamines en fin de journée, sous une chaleur étouffante ! Les derniers kilomètres, sur une route goudronnée, nous semblent bien longs. Ils qui nous conduisent au camping lui-même situé loin du GR.

 

Mais, lorsque nous atteignons le camping le Pontet, on apprécie le très bon accueil que nous y recevons, l'emplacement ombragé et ... la proximité du lac dans lequel le bain va nous sembler un délice ... malgré une eau fraîche !

 

Quelle belle première journée ! 

Temps global (marche + arrêts) : environ 8h

07 juillet  -  Des Contamines aux Chapieux (France)

 

Le 7 juillet nous partons très tôt pour une longue journée.

Il fait assez frais mais ça ne va pas durer !

 

La reprise est un peu difficile car on s'engage dans une forte montée dès qu'on a retrouvé le GR5.

 

Comme la veille, les chemins ne présentent aucune difficulté, "juste" un beau dénivelé ! 

Comme la veille aussi, les paysages sont superbes avec, en point d'orgue, celui de notre pique-nique au col du Bonhomme.

On aurait presque envie d'y planter la tente et y rester la nuit !!

 

En cours de matinée on a vu de près nos premières marmottes ! Sympa !

 

Nous poursuivons notre marche jusqu'aux Chapieux où nous posons la tente sur une aire de camping-cars. Il n'y a quasiment personne !

Le montage de la tente se fait au pas de course car de lourds nuages envahissent le ciel et déjà le tonnerre gronde au loin.

Nous laissons la tente et nos affaires bien protégées pour rejoindre une petite maison de jeunes fermiers élevant leurs chèvres et vendant de délicieux produits que nous allons bien apprécier le soir même.

A peine avons-nous passé le pas de leur porte, qu'un déluge de grêle s'abat sur les Chapieux.

Ce sera la seule averse (très courte) de notre périple mais quelle violence !

On vient de tester notre tente qui a parfaitement résisté au vent fort et à la pluie ! Il n'y aura heureusement pas de remake du GR20 !!!

 

La journée se termine et on s'endort avec encore de magnifiques images en tête !

 

Temps global (marche + arrêts) : environ 10h

08 juillet  -  Des Chapieux (France) à Dolonne (Italie)

 

C'est à la frontale que nous quittons les Chapieux ce 8 juillet !

 

Quelques nuages marbrent encore le ciel et vont nous offrir un beau spectacle lorsque le soleil jouera avec eux un peu plus tard.

 

Cette étape sera marquante à bien des égards.

- Elle commence par une longue portion sur la route qui mène à la ville des Glaciers avant de bifurquer sur un chemin très raide et très long qui nous fera traverser des prairies habitées par de grosses et belles vaches ! 

 

- Après les chalets des Mottets à plus de 1.800m d'alitude nous nous engageons vers le col de la Seigne qui va marquer notre passage en Italie.

Il est encore tôt ce matin mais la chaleur est déjà très forte ... très forte jusqu'à quelques centaines de mètres du col où, brusquement, le froid nous tombe sur les épaules.

Ma montre indique que nous sommes passés en quelques minutes de 28° à 3°. La surprise est totale et précipitamment nous enfilons, pulls, bonnets, gants etc ...

Nous sommes à plus de 2.500m d'altitude !

Autour de nous le paysage est étonnant. La neige côtoie de jolies petites fleurs, les glaciers éclairent les roches, la montagne nous offre un spectacle grandiose !

 

- En redescendant le versant italien, nous faisons halte à "La Casermetta", ancien bâtiment militaire abritant à présent un centre d'accueil à la nature de l'Espace Mont-Blanc. L'exposition y est très jolie !

La chaleur est de retour !

Un peu plus bas nous rencontrons toute une famille de marmottes qui semblent poser pour nous!

 

- Les cours d'eau et lacs que nous longeons encore plus bas dévoilent une couleur bleu-vert étonnante et magique ! On est sous le charme.

 

- Notre marche se poursuit jusqu'au Plan-Chécrout et là ... on commence, près du téléphérique, une interminable et rude descente par un tout petit sentier caillouteux et poussiéreux qui met au supplice les genoux d'Aurélie et rend douloureux mes orteils !

Lorsque nous atteignons Dolonne nous sommes bien fatigués au point de regretter de n'avoir pas pris ce téléphérique pour rejoindre le village.

... d'autant que nous apprenons en nous arrêtant dans un petit et charmant bar-café à l'entrée de Dolonne que le camping que nous visions sur Courmayeur est encore loin et en dehors de l'agglomération.

Devant nos mines un peu déconfites la propriétaire italienne, qui parle un très bon français, nous propose un coin de son jardin pour y planter notre tente et nous prépare un repas "sur le pouce".

Ce sera le meilleur que nous mangerons avec un dessert de fruits frais du jardin.

 

Cette dame et son mari, qui nous donnera de précieux conseils pour l'étape suivante, ne liront probablement jamais mon blog mais ils sont restés dans notre coeur pour leur inoubliable et délicieux accueil !

 

La journée se termine dans un calme bien reposant !

 

Temps global (marche + arrêts) : près de 12h

09 juillet  -  De Dolonne au refuge Bonatti (Italie)

 

Toujours matinaux, nous quittons Dolonne ce 9 juillet pour le refuge Bonatti.

Notre hôte la veille au soir nous a dit le plus grand bien de cette étape tout en nous mettant en garde sur le significatif temps supplémentaire que demandait le passage par la variante de la Tête Bernada que nous comptions prendre.

Celle-ci, nous a-t-il dit, vaut vraiment le détour mais compte tenu de la rude étape de la veille il nous conseille de prendre le GR traditionnel afin d'arriver assez tôt au refuge et pouvoir s'y reposer.

Nous suivrons son conseil !

 

L'étape débute par la traversée de Courmayeur et un "coucou" à la rivière Dora Balte sur laquelle, dans sa partie la plus vive, j'avais fait du rafting avec mes amis de l'Isère il y a quelques années.

 

Dès les premières lueurs, le soleil nous annonce clairement qu'il sera sans pitié.

La canicule sévit intensément avec, en milieu de journée, des températures qui, sur ma montre, atteignent et dépassent même les 40°.

Avec Aurélie on s'en accommode plutôt bien. On est tellement heureux de marcher au sec !

 

Au-dessus du refuge Bertone que nous atteignons après 3 heures de marche, nous sommes littéralement saisis par la puissance qui se dégage des Grandes Jorasses devant nous. 

Ah, j'allais oublier !  Juste avant le refuge nous entendons un vrombissement sans en voir la source ! Et soudain un hélicoptère jaillit en dessous de nous (oui, oui EN DESSOUS de nous !!) et nous oblige à une course effrénée, sac sur le dos, pour quitter le sentier et se coller contre la pente. Une grosse peur sur le coup, renforcée ensuite au refuge lorsque le pilote viendra s'excuser de n'avoir pas anticipé qu'il pouvait y avoir des randonneurs à cette heure-ci !!!!  

Il est passé très près de nos corps allongés contre la paroi.

 

Le GR, depuis le refuge Bertone, longe les Grandes Jorasses et ses 6 pointes mythiques.

Nous sommes fascinés !

 

Le chemin nous fait prendre ensuite une petite passerelle avant de s'engager plus tard dans la montée vers le refuge Bonatti.

Nous sommes marqués par le contraste de ces doux alpages très fleuris  et les pentes glacées et grises des sommets autour.

Marqués aussi et surtout par l'évident recul des glaciers qui, année après année, cèdent la place à des moraines sombres tellement symptomatiques des bouleversements climatiques !

 

Nous atteignons le terme de notre étape en début d'après-midi et, pour la première et seule fois de notre trek, nous dormirons ce soir dans un refuge.

Le refuge Bonatti est grand (mais heureusement que nous avions réservé avant car il y a vraiment beaucoup de randonneurs) et accueillant.

Nous posons nos affaires sur les lits que nous avons choisis. Le soir nous dînerons dans la salle commune en bénéficiant d'un très bon repas local.

 

Entre temps, c'est assis (et parfois allongé pour Aurélie) que nous laissons nos muscles se détendre sous le soleil et ... devant une montagne qu'on s'imagine facilement pouvoir toucher de la main tellement elle nous semble proche.

A notre gauche le Mont-Blanc versant italien nous domine de toute sa blancheur.

Devant ce sont les Grandes Jorasses qui veillent sur le refuge.

A droite le GR poursuit sa route ... Ce sera pour demain !

 

Nous sommes très habitués à notre vie en tente, aussi cette nuit au milieu de tant de randonneurs ne sera pas des plus reposantes. Qu'importe ! L'après-midi et la soirée que nous avons passés ici auraient même compensé une nuit blanche !

 

Aujourd'hui encore je garde en moi l'émotion qui m'a étreint ce 9 juillet 2015 !

 

Temps global (marche + arrêts) : moins de 7h

10 juillet  -  Du refuge Bonatti (Italie) à la Fouly (Suisse)

 

Il fait encore nuit ce 10 juillet lorsque nous quittons notre chambre.

 

Avant de reprendre le GR, nous restons contemplatifs devant le merveilleux spectacle de l'embrasement des sommets ! En montagne, se lever tard est une grosse faute !!!

 

Nos premiers pas nous conduisent au refuge Elena.

Nous nous y arrêtons pour nous désaltérer et surtout ... admirer une vue époustouflante sur le glacier de Pré de Bard

 

Le chemin nous mène ensuite jusqu'au Grand col Ferret qui marque la frontière entre l'Italie et la Suisse.

En descendant vers la vallée, nous croisons des "Vététistes" qui montent avec courage et technique ce sentier raide et caillouteux. Je préfère le faire à pied !

 

Plus bas nous nous arrêtons au chalet de la Peule pou y prendre un sandwich à consommer sur place.

C'est ici que nous prenons vraiment contact avec la Suisse et ses prix prohibitifs. Un conseil raclez les fonds de votre sac à dos pour y trouver vos dernières victuailles !

 

L'autre point marquant, et sympathique cette fois, c'est le changement de paysage. Certes les montagnes sont toujours bien présentes (comment pourrait-il en être autrement) mais la roche a cédé la place à des pentes verdoyantes, d'innombrables cours d'eau et cascades, de magnifiques maisons de bois.

 

Nous achevons notre étape à la Fouly (mignon petit village) et nous dirigeons vers le camping Des Glaciers en contrebas. 

Nous y trouvons un emplacement agréable dans un cadre magnifique.

Les installations nous permettent de laver notre linge et, avec un petit côté Mc Giver, nous construisons un étendoir pour un séchage ultra rapide grâce au soleil omniprésent.

 

Un bonne nuit nous attend !

 

 

Temps global (marche + arrêts) : environ 8h

11 juillet  -  De la Fouly à Champex Lac (Suisse)

 

11 juillet déjà !

 

Cette étape suisse ne restera pas vraiment dans nos mémoires.

Certes les paysages sont toujours beaux mais moins grandioses et la ville de Champex, vantée pour son lac comparable à ceux du Québec, nous laissera sur notre fin.

Pour être allés, l'un et l'autre, au Québec nous ne croyons pas que la comparaison soit judicieuse.

 

Le principal point positif est que cela aura été l'étape la plus courte et c'est bien ainsi car elle a aussi été la plus chaude !!!

La tente est un véritable sauna (nous ne monterons la toile intérieure qu'en toute fin de journée).

 

Dans les commerces nous trouvons tout ce qu'il faut pour refaire le plein de provisions et déguster le soir même de bonnes mini pizzas.

 

Pas d'autre commentaire !

Heu si quand même ! voici le camping dans lequel nous avons dormi (bivouac interdit en Suisse) : Camping Les Rocailles

Pas top !

 

 

Temps global (marche + arrêts) : environ 5h

12 juillet  -  De Champex Lac (Suisse) au col de de la Balme (France)

 

En quittant Champex ce 12 juillet, nous pensons faire 2 courtes étapes avec une nuitée au col de la Forclaz !

Nous y arrivons en fin de matinée mais, à part une route bruyante et des hôtels-restaurants, nous ne voyons rien qui retienne notre attention et qui corresponde à ce qu'on aime dans nos randonnées.

 

Bon, mais avant d'y arriver à ce col puis après en être partis nous n'avons que de merveilleux souvenirs de cette étape.

 

Dans sa première partie, nous vivons 3 temps forts :

 

- un arrêt à l'alpage de Bovine après avoir "navigué" au milieu de belles vaches noires appelées "vaches d'Hérens" que les gens d'ici conservent au nom des traditions (car leur faible qualité laitière aurait probablement conduit à leur disparition).

Cet arrêt au chalet de Bovine est un must de notre périple. Accueil au top, cuisine extra (les gâteaux que nous dégustons viennent juste d'être cuits), cadre superbe.

Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas passer ici sans vous y arrêter !!!

 

- Une jolie vue plongeante sur le Rhône  (dont chacun sait qu'il prend sa source en Suisse dans le canton du Valais !!)

 

- un arrêt déjeuner au village de Trient dont l'église aux tons roses sur fond de glacier du même nom est une vraie et belle curiosité.

 

L'après-midi nous nous engageons dans la longue montée vers le col de Balme qui nous fera basculer ensuite vers la France.

 

Sur le sentier la chaleur est au même niveau que la veille et quelques taons viennent un peu perturber notre avancée. 

Peu de monde avec nous hormis, dans le sens inverse, un groupe aidé par des mules portant leurs sacs. Une autre conception de la randonnée !

 

Comme l'avait fait le col de la Seigne quelques jours plus tôt, celui de Balme nous réserve une surprise météo.

Ici pas de froid polaire mais un vent décoiffant qui rafraîchit nettement l'atmosphère. 

Nous faisons halte au refuge pour manger un gâteau. L'accueil est encore plus froid que la bise sur le sommet ! C'est dire !

Nous espérions pouvoir planter la tente dans les parages mais on comprend vite qu'on n'a pas trop intérêt à le faire!

En plus, là-haut, les sentiers semblent s'être multipliés comme des petits pains et nous hésitons longuement sur la direction à prendre pour rester sur le GR5 et continuer notre TMB.

En fait, quand on est face au refuge, il faut prendre sur la droite.

 

Finalement, sous des bourrasques infernales (et toujours le soleil malgré quelques nuages), nous entamons notre descente vers le col des Posettes.

Quelques minutes plus tard, un peu à l'écart des remontées mécaniques, nous dégotons un petit coin presque plat pour monter la tente.  GENIAL !!!

Cerise sur le gâteau, nous sommes sur le bon versant de la montagne et le vent n'y est plus sensible.

 

Le calme est juste troublé par le cri aigu d'un rapace et celui de quelques marmottes.

Devant nous le Mont-Blanc s'enveloppe lentement d'un drap sombre qui nous invite aussi à nous enfouir dans nos duvets pour une de nos plus belles nuits.

 

A la lecture de notre TopoGuide, l'étape de demain s'annonce magique !

 

 

Temps global (marche + arrêts) : environ 11h

13 juillet  -  Du col de de la Balme au Lac Blanc (France)

 

13 juillet

Cette étape s'annonce superbe ! Comme tous les jours nous aurons un beau soleil annonce Météo France sur mon smartphone.

Et puis il y a cette variante que nous avons décidé de suivre et qui nous mènera au Lac Blanc que tous les randonneurs recommandent de découvrir.

 

Quand nous plions la tente, il fait froid (à peine 5°), de gros nuages plombent le ciel et ... un peu notre enthousiasme ! Nul doute que les paysages seront moins spectaculaires sans la lumière de notre compagnon de la première heure.

Pas glop, pas glop Météo France !

 

A Tré-le-Champ nous nous arrêtons pour un petit déjeuner au très joli gîte Boerne. Le temps reste gris.

 

Ensuite une belle marche nous fait franchir les premiers passages vraiment délicats du TMB

En effet, avant de bifurquer à droite vers les lacs des Chéserys, une succession de balcons à flanc de montagne, de passages aériens (échelles et mains courantes) rend la marche très intéressante mais peu adaptée à celles et ceux qui souffrent du vertige.

 

Au carrefour de la Tête-aux Vents nous tournons donc à droite vers les lacs des Chéserys que nous atteignons au terme d'une jolie descente.

Et là, presque simultanément, 2 "miracles" :

- le soleil refait apparition (et ne nous quittera pas le restant de la journée).

Glop, glop Météo France  ... et désolé d'avoir douté !!

- nous voyons nos premiers bouquetins (des jeunes au repos contre les rochers).

 

Les lacs des Chéserys sont très beaux mais que dire du Lac Blanc que nous atteignons vers midi ???

Sublime !!! 

Car ce qui est beau ici c'est évidemment le lac dont la couleur vert clair est propre à son origine (ce lac est exclusivement alimenté par la fonte des neiges), mais c'est aussi et surtout le mariage de cette étendue d'eau avec la chaîne de montagnes qui l'entoure avec bien sûr en point d'orgue le Mont-Blanc.

 

Nous posons nos sacs sur la terrasse du refuge pour profiter d'une boisson bien fraîche (Ah cette bière du Mont Blanc) puis y déjeuner avec, pour conclure, une mémorable tarte aux myrtilles !!! Ouhaou !!!

 

Nous demandons à la jeune femme souriante qui nous sert s'il est possible de planter la tente autour du refuge et elle nous invite à repérer un peu en hauteur l'emplacement qui nous plaira le plus.

C'est ce que nous faisons jusqu'à nous arrêter, tels des chiens de chasse, devant LE lieu idéal pour planter la tente.

Comme il est interdit de le faire avant la fin d'après-midi (17h nous a dit la jeune femme), on se pose et c'est à tour de rôle que nous explorons les alentours pour apprécier ce site enchanteur et prendre les photos qui s'imposent.

Pendant ce temps celui de nous deux qui reste sur place avec les sacs devient le gardien de notre emplacement de rêve.

Comme il fait envie à tous les randonneurs qui passent à côté, nous sommes heureux d'être partis si tôt ce matin du col de Balme et d'être ici depuis le tout début d'après-midi.

 

Et notre bonheur va grandir encore avec l'apparition de nombreux bouquetins qui, peu farouches, se laissent approcher par nos objectifs.

 

En nous couchant ce soir là nous mesurons bien toute la chance que nous avons d'être ici, dans ce qui nous semble être à cet instant le plus beau site du monde !

 

Une anecdote pour conclure cette section

Dans la nuit nous sommes réveillés par un bruit assez fort et continu près de notre tente.

Je m'assoie dans mon duvet, pose ma lampe frontale sur la tête et, courageusement, fais glisser les fermetures de notre tente pour ... me retrouver nez à nez avec un gros bouquetin ! 

Pas le temps de faire les présentations, dans un mouvement de recul parfaitement synchronisé et rapide nous stoppons, le bouquetin et moi, notre brève intimité. Je crois que notre rythme cardiaque a dû grimper fort dans les tours !

Une bonne tranche de rires ensuite avec Aurélie !

 

Oui vraiment, il faut aller jusqu'au Lac Blanc.

Nous avons tout aimé de notre périple mais cette journée là est gravée au Panthéon de notre mémoire !

 

 

Temps global (marche + arrêts) : environ 6h

14 juillet  -  Du Lac Blanc aux Houches

 

14 juillet !

C'est la fête nationale et pour nous la journée débute par un chatoiement de couleurs que seule la nature sait offrir.

Une condition cependant : se lever très tôt !  Pas un problème pour nous 2.

 

Nous quittons à regret notre bel emplacement et reprenons notre sentier jusqu'à la Flégère pour rejoindre le GR du TMB.

Alors que nous sommes sur le point de partir, nos bouquetins ont l'élégance de venir faire leurs adieux ! Merci à vous les amis !

 

La longue marche qui mène jusqu'à Planpraz est d'autant plus fatigante qu'elle se fait sur des chemins très caillouteux et glissants (on emprunte fréquemment des pistes de skis abruptes).

Dès 9h, la chaleur s'invite comme elle l'a fait au cours des 8 jours précédents.

 

A Planpraz, au regard du chemin restant à parcourir, nous décidons de rejoindre le sommet du Brévent par le téléphérique.

Au sommet la vue est toujours aussi belle ! Au dessus des glaciers et tout près du Mont-Blanc, les voiles des parapentes colorent la blancheur des montagnes.

Notre halte ici est d'autant plus appréciée que nous nous y restaurons.

Au menu : des crêpes !

Miam, miam !

 

Notre descente vers la vallée est épique car nous ratons un embranchement dans la forêt et au lieu de partir sur les Houches nous bifurquons vers Chamonix

Nous n'avons pas d'autre solution, une fois en bas, que de prendre un bus qui nous fait rejoindre les Houches en fin de journée.

Cela n'altère en rien notre bonne humeur et notre détermination à manger ce soir une grosse glace !

 

Après avoir récupéré notre voiture près du téléphérique de Bellevue nous retrouvons notre camping !

 

Le soir nous reprenons la voiture pour monter au village déguster la fameuse glace et aller admirer le feu d'artifice donné sur un petit étang à côté pour une fin de journée en apothéose !

Cerise sur le gâteau, Christian, mon frère et le papa d'Aurélie, nous rejoint demain pour une journée à Chamonix (avec l'Aiguille du midi) et Annecy.

 

 

Temps global (marche + arrêts ... + bus !!!!) : environ 12h

 

Et c'est ici que se termine notre TMB ! Quelle intense virée ! Merci ma nièce pour ces exceptionnels moments de partage !